Prendre en compte les peurs

Dans nos groupes, nous prenons en compte ce qui se passe au niveau émotionnel et relationnel avant de constituer un groupe. Commencer un groupe, une séance, un nouveau jour de travail, de classe…tous les groupes réveillent des peurs. Ce ne sont pas forcément des peurs profondes mais des appréhensions, des questionnements, des méfiances, des craintes...

Lorsqu'il n’y a pas de confiance, c’est parce qu’il y a des peurs. Il s’agit donc pour créer de la confiance, non pas de regarder nos similitudes pour nous rassurer, car cela viendra spontanément dans les relations. Il s’agit au contraire de calmer les peurs présentes dans les groupes.

 
Calmer les peurs pour renforcer la confiance

Face aux autres, nous ressentons des formes de sympathie ou d’antipathie, d'attraction ou d'indifférence, voire de répulsion. Nous pouvons en être conscients ou non. On en parle souvent en termes de feeling ou de compatibilité, on les justifie par des indices souvent subjectifs voire instinctifs basés sur le physique, les idées, les propos tenus, les attitudes, les partis-pris idéologiques, etc. Si on ne fait rien pour calmer les méfiances, les antipathies conscientes ou inconscientes, ces sentiments vont se figer et rendre la rencontre plus difficile. Ce sont les « obstacles à la coopération » qui existent toujours au début des groupes. En créant les conditions pour en prendre conscience, on parvient à réduire ces peurs et la confiance entre les membres du groupe se voit renforcée. 
 

Réhabiliter les peurs pour bâtir la relation

Sans un travail sur ces peurs, tous les groupes, que ce soit dans les familles, les collèges, les équipes, dans la société des rapports de compétition entre les gens, des préjugés, des incompréhensions, des méfiances, des non-dits, des ressentiments, des vengeances, des méfiances, des séparations, de l’indifférence… tout un ensemble de sentiments qui se cristallisent de plus en plus.  Pour sortir de cette séparations réciproques, il s’agit donc de réhabiliter la relation.

Des rencontres fortuites entre personnes qui ne se connaissent pas, qui ne se rencontrent plus, s’évitent parfois depuis longtemps. Pour guérir la haine, il faut créer des occasions de rencontres, un cadre bienveillant. Il faut aider à l’expression des ombres et des faiblesses de chacun, et ainsi faire baisser les masques de supériorité et d’infériorité.  Ce qui est destructeur, c’est une peur non consciente et pas exprimée. Je peux ne pas me rendre compte dans un groupe que je suis intimidé parce que j’ai peur du jugement de telle ou telle personne, je suis bloqué, incapable de parler, mais je ne m’en rends pas forcément compte.

Le fait de le dire va atténuer ce blocage et cette timidité, et me permettre d’affronter cette peur. Le fait de créer des occasions de confrontation et de rencontres avec les personnes dont on a peur et d’être aidé par des exercices d’expression va faire qu’on va être capable de participer dans un groupe. Parce qu’on aura eu la possibilité de vraiment rencontrer de façon plus proche des personnes qu’on fuirait habituellement sans avoir la possibilité de les connaître vraiment.