Trois maladies sociales

Le mal-être individuel n’est pas seulement lié à une histoire personnelle, à l’enfance de chacun au sein d’une famille donnée. Le mal-être peut être également collectif. Les maladies collectives de notre époque sont la sociopathiela dépression et la victimisation qui peut aller jusqu’à la paranoïa. Ces maladies existent partout, aussi bien dans les familles, les entreprises et les institutions, que dans les quartiers et les zones de conflits. 

Les maladies sociales peuvent ainsi être un moyen, pour des groupes sociaux, de calmer des malaises individuels en les atténuant, ou en les remplaçant par une énergie collective visant à apaiser ces maux individuels. La victimisation paranoïaque fondant le projet nazi, ou aujourd’hui le totalitarisme islamique, aide à sortir énormément de personnes de la névrose individuelle et de la dépression. La dépression institutionnelle que l’on observe dans le travail social ou l’éducation tempère l’égoïsme carriériste et sociopathe de nombreux professionnels, parfaitement incompatible avec l’idéologie de leur milieu professionnel.

Il ne s’agit pas de formes de psychopathologie au sens médical mais nous la concevons au contraire comme une rupture d’équilibre provoquant une fragilisation de l’organisme social, le rendant de plus en plus enclin à la destructivité, en réaction à des violences venant de l’intérieur comme de l’extérieur du goupe. Cette rupture entraîne une diminution plus ou moins forte de la coopération entre les membres d’une société, à laquelle se substitue la violence des attitudes, des regards, des préjugés et des actes. Les maladies sociales se manifestent dans les relations sociales que les êtres humains développent quand ils se côtoient car ils vivent ou travaillent ensemble.  Elles se retrouvent dans tous les groupes sociaux, dans des proportions diverses, comme il en va également des individus.

Nous vivons dans une société malade : une jeunesse qui s’ennuie, une vieillesse qui désespère, un avenir absent et peu à peu, le sentiment grandissant pour beaucoup que l’on a des ennemis contre lesquels il faudra un jour se défendre.