Quatre crises

Nous vivons un temps de crise.  Dépassant largement les crises économique et écologique dont on parle abondamment dans les médias, elle comporte des facettes plus mal connues et qui en sont en partie les causes.  Elle se manifeste notamment par le discrédit des autorités politiques et médiatiques, la séparation des milieux sociaux qui s’éloignent les uns des autres, développant des images fantasmées et anxiogènes réciproques, l'angoisse face à un futur incertain et aux menaces terroristes, la peur d’une immigration de masse incontrôlée ou encore les visions antagonistes sur les questions de laïcité, de citoyenneté, d’identité.

Elle se décompose en 4 crises principales, chacune entraînant des peurs individuelles et collectives. Ces peurs engendrent à leur tour des violences, comme autant de systèmes de défense visant à leur faire face : 

La crise du travail et de la position sociale : dans un monde de plus en plus globalisé, robotisé et informatisé, où les anciens métiers disparaissent, beaucoup de personnes se retrouvent sans emploi et d’autres craignent de perdre ce qu’ils sont acquis pour eux-mêmes ou pour leurs enfants. D’où un climat de compétition qui développe des peurs de la pauvreté et de la chute sociale et en réaction des formes d’égoïsme social, de sociopathie, de criminalité, de corruption.

La crise du lien : qui voit se dissoudre les sentiment d’appartenances à la collectivité ou à l’organisation. Augmentation de la peur de l’autre qui peut nous faire violence et déclenche des réactions de xénophobie ou de repli sur sa communauté et son identité particulière.

La crise de l’autorité : l’autorité traditionnelle plus ou moins patriarcale est battue en brèche par l’évolution des mœurs et des mentalités, créant des peurs chez les uns de perdre un pouvoir jusqu’à présent légitime et chez les autres un sentiment d’abandon. Ces peurs se traduisent soit par un renforcement régressif de l’autorité, soit par une rébellion qui gagne chacun aussi dans la société, que dans les organisations et les familles.

La crise du sens : En Occident, les idéologies du progrès perdent leur crédit ainsi que les croyances religieuses traditionnelles, suscitant du nihilisme et recherche forcenée de réponses. Le danger est grand de voir se développer chez les uns le nihilisme du désespoir et chez les autres, le fanatisme et les guerres saintes.