Les différentes formes de violence

La violence existe partout, dans la famille, la vie relationnelle, au travail, dans la vie publique, les médias, les relations diplomatiques… Elle concerne tous les êtres humains qui, tour à tour, l’exercent et la subissent. La Thérapie Sociale permet d'en prendre conscience, puis de voir comment nous sommes tous capables, dans des moments de stress ou de désarroi, d’exercer de la violence, soit en la retournant contre nous-mêmes, soit contre les autres, notre conjoint, nos enfants, nos collègues, la collectivité…

Nous sommes tous des êtres blessés, à des degrés divers. Ces blessures de la vie ont créé en nous des peurs instinctives qui se déclenchent dans des relations et des situations où nous nous sentons menacés, qu’il y ait un danger réel ou non. En réaction à ces blessures, nous avons également développé des sentiments de haine, d’impuissance et de victimisation.

Dans des situations où l’on craint d’être blessé, où s’enchaînent émotions et sentiments hostiles, la violence devient la solution pour s’affirmer, exister, se protéger, lutter pour ses besoins mais de manière destructrice car on se voit victime des autres. Mais si elle peut être salutaire pour la personne dans une situation donnée, elle est néanmoins destructrice dans la relations aux autres et constitue un obstacle au vivre ensemble.

La violence doit être distinguée de la colère et de l’agressivité qui sont bénéfiques à la relation et n’excluent pas l’empathie. La violence au contraire vient de l’incapacité de voir en l’autre un égal en humanité, avec les forces et les faiblesses d’un être humain semblable à nous-mêmes. Dans la violence, l’autre est nié dans sa réalité propre. On le voit comme un être inférieur, un animal, un sous-humain, un objet qui n’est là que pour la satisfaction de nos désirs ou on le voit comme rien du tout, il n’existe même-pas.

Elle peut s’exercer de multiples manières : par des discours, des paroles, des regards, des sous-entendus ; elle peut être individuelle ou collective, idéologique, politique, clanique… On dénombre quatre formes de violence distinctes, même si elles se manifestent dans toutes sortes de nuances, des plus patentes et visibles aux plus sournoises, quasi invisibles et parfois tout aussi dévastatrices :

La maltraitance

Elle fait de l’autre un objet qu’on peut utiliser, exploiter sans limite. Elle consiste à frapper, tuer mais aussi terroriser, menacer, ou mettre sous pression, épuiser.

 L’abandon

L’autre est ici inexistant, il n’est ni vu, ni entendu, ni aimé. Cette forme de violence consiste à ignorer, à rejeter, mettre à l’écart et aussi quitter l’autre de manière provisoire ou définitive.

L’humiliation

L’autre est considéré comme inférieur ou même sans aucune valeur ni qualité. Elle s’exprime par des jugements négatifs, la dévalorisation, la moquerie, mais aussi la domination, ou la réduction à un statut inférieur.

La culpabilisation

L’autre est considéré comme responsable du mal qui m’arrive ou qui arrive aux autres. Il est entièrement mauvais, la souffrance ou le malheur survenu est entièrement de sa faute.