Crises du sens

Face à la fragilisation du lien social, aux craintes concernant l’avenir professionnel, à la disparition de l’autorité traditionnelle, un doute croît, quand ce n’est pas le vide. Il devient difficile de se fier ou se reposer sur les croyances et mythes du passé : le progrès, les bienfaits de la technique, ou encore les dogmes religieux. Que signifie aujourd’hui être un homme, une femme, que doit être le couple, la famille, un père ou une mère? À quoi sert d’apprendre? Pourquoi voter, travailler, à quoi bon essayer de vivre ensemble?

De cette fin des certitudes est née la peur de l’inconnu, du vide, de l’absence de perspectives sûres et de ne pas retrouver les repères et les valeurs qui nous sécurisent. Cette dernière crise est fondamentale parce qu’elle est la conséquence des précédentes. Le sens est perdu quand le lien social s’est délité, quand l’absence de perspectives professionnelles abandonne à l’incertitude, quand  les repères traditionnels sont tombés sans que le vide n’ait été comblé. Or, lorsque quelque chose est perdu, il faut le chercher pour le  retrouver. Cette recherche peut s’avèrer difficile et la rencontre avec la complexité peut renforcer le sentiment de crise et créer la tentation du fanatisme et des dogmatismes qui confèrent des certitudes là où le doute devient trop anxiogène.