Des crises aux violences collectives

La Thérapie Sociale s'intéresse à tous les groupes constitués de personnes considérées comme mentalement « saines », socialisées qui travaillent et vivent « normalement » dans la société. Ce qu’ils ont de commun est la souffrance sociale, née des dysfonctionnements de notre culture, de nos institutions, des difficultés de coopération ou des violences quotidiennes vécues. Or, ces souffrances ont une origine plus profonde encore. Elles viennent de l’ignorance de nos folies ordinaires et de leur refoulement. Ce refoulement est notamment à l’œuvre dans les crises sociales que nous vivons aujourd’hui, crises qui ne pourront être résolues que si nous prenons cette folie en compte et transformons le cercle vicieux des folies, des crises et des violences.  

La cohésion sociale, la volonté de faire avec la diversité et l’idéal de vivre ensemble cèdent alors le pas sur la destructivité sociale et les folies collectives qui se caractérisent par diverses formes de violence. Cette évolution aboutissant à l’absence de coopération dans la société, ou alors à une sorte de coopération pathologique qui se limite à un seul groupe d’appartenance à l’exclusion des autres amène différentes formes de compétition, des propagandes mensongères et abouti à la guerre qu’elle soit réelle et physique ou virtuelle…

Les violences collectives sont le symptôme le plus manifeste de tout ce processus et deviennent de plus en plus visibles lorsque les peurs se sont installées et que les structures de la société, les institutions, l’opinion publique, les groupes militants sont conditionnés par ces folies et deviennent à leur tour pathogènes. De là naissent maheureusement en réponse aux crises diverses tentations totalitaires qui menacent aujourd’hui la survie même de la démocratie comme mode de vie en société.