Vicitimisation

La victimisation systématique, se manifestant par de la haine, de la méfiance et des ressentiments à l’égard du monde extérieur, un besoin insatiable de reconnaissance et de revanche, la peur de la stigmatisation ou encore le sentiment de persécution, est la troisième maladie sociale.

Se sentir entièrement et uniquement victime, s’affranchir de toute responsabilité dans ce qui nous arrive. La victimisation ou le sentiment d’être victime est un mal social particulièrement destructeur. D’abord, il sépare les individus en déterminant des « bons » et des « méchants », aggravant en même temps, la violence, les racismes et les haines réciproques. Mais aussi, il condamne toutes ces personnes à l’impuissance la plus totale. La victime n’a qu’une porte de sortie : que l’autre, l’oppresseur, le bourreau change d’attitude ou disparaisse. Or, l’autre qu’il s’agisse de l’État, de la police, des immigrés, de mon frère, des États-Unis ou des jeunes, ne changera pas simplement parce que certains l’ont accusé ou l’exigent. La victime restera donc victime et impuissante à changer une situation insupportable.

Enfin, on s’aperçoit que la paranoïa et la victimisation procèdent aussi par projection du mal sur les autres, ce qui permet pour un moment de retrouver une puissance d’agir dans notre propre vie ou du moins le sentiment de cette puissance.