Dépression

La dépression touche tous les milieux évidemment. Au-delà de la dépression des individus, nous percevons un mal-être généralisé touchant aussi des personnes en apparence dynamiques, entreprenantes, « bien dans leur peau ». Cette dépression collective qui touche plus ou moins tous les milieux, toutes les classes d’âge est marquée par un manque d’intérêt, un sentiment d’inutilité, la perte des idéaux humanistes qui donnent envie de créer un monde meilleur, la bureaucratisation de la vie et la technicisation du travail. Il s’agit là des symptômes d’une dépression sociale qui crée un climat dans lequel les citoyens ressentent de l’ennui, une absence d’intérêt pour la vie, un manque d’horizon, de projets. Il ne s’agit, pour la plupart des personnes, pas de dépression au sens psychiatrique mais d’un manque de confiance en soi plus ou moins profond, caractérisé par une image dépréciée de soi pouvant aller jusqu’à la haine de soi-même, de sa famille, de son travail, de son pays.

Cette dépression peut générer un climat social de plus en plus cynique et défaitiste, un déni du danger auquel la société est exposée et un manque de combativité face à la menace, qu’elle soit terroriste, identitaire, morale ou intellectuelle. La passivité de groupes entiers, voire de la majorité d’une société face à son agression ou son délitement, est le signe d’une dépression collective.